Jeux en ligne : Vers un filtrage d’internet
Après Hadopi qui avait agité le milieu des artistes et la gauche, le gouvernement réitère sous une nouvelle forme la polémique avec l’examen du projet de loi d’ouverture à la concurrence du secteur des jeux et paris en ligne. En effet, le texte prévoit la création d’une autorité administrative qui aura le pouvoir de filtrer internet. En l’occurrence, il s’agit de filtrer les sites de jeux en ligne déclarés illégaux. Evidemment, quand il s’agit d’internet, les esprits s’échauffent rapidement. Après la censure du conseil constitutionnel dans le cas d’Hadopi, le gouvernement avait prévu, pour le projet de loi sur les jeux en ligne, de réintégrer la figure du juge. Cependant, lors de l’examen en commission du projet, les députés, préoccupés par l’efficacité du système qui doit être mis en place, ont décidé de mettre au placard le juge et d’octroyer à l’Autorité de régulation des jeux en ligne le pouvoir d’imposer par lui-même le filtrage d’internet. Ce filtrage est purement administratif mais inquiète beaucoup les défenseurs du libre accès à internet. D’ailleurs, la blogosphère n’a pas tardé à réagir pour accuser le gouvernement de démarche liberticide. Toutefois, à y regarder de plus près, les autres gouvernements ont aussi agi de la même manière afin de rendre cette loi, imposée par Bruxelles, efficace. Par conséquent, au-delà des craintes légitimes soulevées par un filtrage d’internet qui peut rappeler ce qui se passe en Iran ou en Chine, les détracteurs de cette loi ne doivent pas oublier que l’autorité de régulation n’agira que dans le domaine des jeux en ligne, en accord avec la loi.





